Régime flexitarien : un intérêt pour maigrir et être en bonne santé ?

Le régime flexitarien a t-il un intérêt pour la santé ?


Le flexitarisme, contraction des mots « flexible » et « végétarisme », désigne une pratique alimentaire non strictement végétarienne, qui inclut la consommation occasionnelle de viande ou de poisson.

Le régime flexitarien a pris de l’ampleur ces dernières années et je dois dire que moi même je m'y suis intéressé. Pour ceux qui souhaitent continuer à manger en se faisant plaisir mais aussi "en conscience", c'est je pense un bon compromis. J'ai largement réduit ma consommation de viande, et surtout je privilégie des produits de qualité où la condition animale est respectée.

il est difficile de se prononcer sur les bienfaits de cette pratique sur la santé car il n'y a que très peu d'études scientifiques. C'est encore récent, mais surtout difficile à définir avec exactitude... Chacun a sa définition du flexitarisme. Je suis quand même tombé sur le travail d'Emma J Derbyshire (en anglais), une nutritionniste britannique, que je vous partage dans cet article.

Domaines analysés et conclusions des études

Comme je le disais il est encore difficile de trouver des rapports clairs : sur 46 publications identifiées, 25 études ont répondu aux critères imposés par la nutritionniste (définition claire du terme « flexitarien », mais elle a étendu ses recherches avec les termes« semi-végétarien » ou « demi-végétarien »).

4 domaines de santé ont spécifiquement été analysés :

  • Les effets sur le poids, 
  • Sur la santé métabolique, 
  • Sur la réduction des risques de cancer
  • Sur la qualité du régime (apports nutritionnels)

La perte de poids

Parmi les 6 études s’intéressant à l’impact sur le poids, toutes rapportent un IMC plus bas chez les sujets limitant leur consommation de viande ou une perte de poids plus importante chez les sujets en surpoids ou obèses adoptant cette alimentation.

Santé métabolique

Les 6 études portant sur les marqueurs de santé métabolique ou de risque de diabète fournissent aussi des résultats qui vont dans le même sens. Une étude coréenne rapporte des marqueurs sanguins améliorés (glycémie, insulinémie, leptinémie) chez les femmes ménopausées qui suivent depuis plus de 20 ans ce type d’alimentation.

Une étude indienne et deux études américaines de la même équipe observent un moindre risque de diabète de type 2, tandis qu’une autre étude américaine conclut à un moindre risque de syndrome métabolique. Enfin, une étude espagnole note une pression artérielle plus basse chez les sujets femmes ménopausées semi-végétariennes par rapport à celles consommant régulièrement de la viande. 

Risque de cancer

Les données sur le risque de cancer, évaluées dans 4 études sont plus nuancées : le risque de cancer du côlon était légèrement réduit chez les semi-végétariens tandis que dans le cas du cancer de la prostate et du cancer du sein, seuls les végétaliens stricts présentaient un risque diminué.

Apports nutritionnels

Quant aux études sur la qualité du régime, les apports ou le statut nutritionnel des flexitariens, elles fournissaient des données contrastées. Comparés aux sujets consommant régulièrement de la viande, les semi-végétariens avaient des apports énergétiques moindres selon une étude canadienne, des apports en calcium plus élevés et consommaient des aliments de meilleure densité nutritionnelle selon une étude belge.

Une étude américaine menée sur des sujets obèses ou en surpoids montrait que les végétariens avaient un profil d’apports en macronutriments équilibré, et que le score de l’index inflammatoire de leur alimentation était aussi diminué significativement après 2 mois de cette alimentation mais ceci n’était plus vrai après 6 mois. Leurs apports en oméga-3 étaient meilleurs que ceux des végétaliens et végétariens, notamment en EPA, DHA ainsi que leur ratio oméga-6/oméga-3, selon une étude autrichienne. 

Toutefois, les femmes semi-végétariennes étaient davantage sujettes à une déficience en fer, voire à une anémie (38.6%) que non végétariennes (25.5%), comme le rapporte une étude australienne.

Enfin, deux études spécifiques aux sujets souffrant de maladies inflammatoires chroniques fournissent des résultats préliminaires mais encourageants. Elles indiquent que l’alimentation semi-végétarienne pourrait prévenir les rechutes chez les patients atteints de maladie de Crohn grâce à l’action des fibres qu’elle contient.

Le flexitarisme reste à définir

Si les études semblent indiquer que le flexitarisme pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé et perte de poids, on manque encore d’une définition claire de ce qu’est le flexitarisme. Les 25 études analysées par Emma J Derbyshire l’illustrent bien : seules 6 partagent la même définition.

De même, selon l’auteur, on pourrait considérer les régimes alimentaires pauvres en viande et l’alimentation méditerranéenne comme des régimes flexitariens.

Quoi qu’il en soit, le flexitarisme serait, selon la nutritionniste, un bon moyen d’améliorer la santé des sujets et de réduire leurs consommations de viande, tout en respectant leurs préférences alimentaires.

Pour en savoir plus sur le régime flexitarien : naturellement-flexitariens.fr

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